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Le format cassette a été introduit au Canada à l’automne 1968, mais les premières cassettes des Beatles vendues au Canada étaient en fait importées des États-Unis jusqu’à la mi-1969 (cartouches blanches moulées MADE IN U.S.A., avec des étiquettes de papier blanches au logo en dôme de Capitol).
La production canadienne s’est ensuite faite en trois grandes étapes :
1. De la mi-1969 à 1971, Capitol du Canada a confié ses cassettes en sous-traitance à Ampex of Canada, qui les dupliquait et les assemblait sur des cartouches blanc cassé, avec des étiquettes de papier blanches au logo Apple ou au logo target de Capitol.
2. En 1970, Capitol a ouvert sa propre usine de cassettes dans un bâtiment loué près de ses bureaux, puis s’est installée l’année suivante sur le site de Malton (3109 American Drive), où la production a officiellement été rapatriée et où l’usine moulait ses propres cartouches. Le contrat d’Ampex semble avoir pris fin avec ce déménagement, vers la mi-1971. Ces cassettes étaient d’abord faites d’un plastique blanc cassé semblable, avec des étiquettes de papier blanches qui portaient désormais le texte légal de Malton.
De 1971 à 1980 environ, les étiquettes de papier blanches et jaunes ont été utilisées en parallèle, sans logique apparente quant au choix de l’une ou de l’autre (un peu comme les cartons à tranche bleue et à tranche noire). Les étiquettes jaunes ont gardé l’ancien nom Capitol Records (Canada) et l’adresse de Malton jusqu’à la fin, même après que la compagnie est officiellement devenue Capitol Records-EMI of Canada en janvier 1974 et que ses cartons sont passés à la désormais célèbre adresse de Mississauga (Malton est un quartier de Mississauga ; les « usines de Malton et de Mississauga » sont donc une seule et même installation). Les étiquettes blanches existent avec les deux textes : celui de Malton à partir de 1971, puis le nouveau texte Capitol-EMI avec l’adresse de Mississauga à partir de 1974 (voir Les cartouches des cassettes plus bas). Quelques cassettes Apple plus tardives portent des étiquettes jaunes au nouveau nom Capitol-EMI, mais il s’agit d’exceptions plutôt que d’une tendance. Les étiquettes de papier sont restées en usage jusque vers 1980, quand elles ont cédé la place à un texte imprimé directement sur la cartouche, à l’encre noire ou argentée.
L’usine Capitol de Mississauga produisait toutes les cassettes et cartouches 8 pistes de Capitol (source : RPM, 25 juin 1977), et elle a continué de fabriquer des cassettes bien après l’arrêt du pressage des disques vinyle, en juillet 1984. Les cassettes ont en fait été produites à Mississauga jusqu’à la fin de 1994, quand l’usine s’est surtout tournée vers les disques compacts (avec le pressage des premiers CD de l’Anthology).
3. La fabrication des cassettes a ensuite été confiée à Cinram, à Scarborough (Ontario), qui a fabriqué les dernières cassettes canadiennes des Beatles jusqu’en 2001, toutes sur des cartouches transparentes.
* Malton et Mississauga désignent la même usine, au 3109 American Drive : l’adresse a changé en janvier 1974, quand la compagnie est devenue Capitol Records-EMI of Canada.
Deux éléments sont à surveiller pour identifier une cassette canadienne (et ils changent rarement en même temps) : le carton (le carton imprimé glissé dans le boîtier) et la cartouche (la cassette de plastique elle-même, avec ses étiquettes ou son texte imprimé).
Les graphismes de carton se répartissent en dix grandes séries, décrites plus bas. Les cartouches, elles, suivent une chronologie différente, présentée plus loin (voir Les cartouches des cassettes).
La figure ci-dessous place les deux sur la même échelle de temps, avec des bandes grises qui indiquent le fabricant de chaque période (USA, Ampex, Capitol, Cinram). Des lignes pointillées marquent deux repères qui aident à dater un exemplaire : l’arrivée de la série SDR, propre au Canada (1982), et le début de la série de cartons couleurs, elle aussi propre au Canada (1985).
Le portrait n’est pas encore tout à fait net. Certains titres sont restés bien plus longtemps que d’autres sur un même graphisme, certains n’ont paru que sur des graphismes précis, et les cartons à tranche bleue et à tranche noire étaient souvent offerts en même temps (certains titres Apple sont restés sur la tranche bleue jusqu’au début des années 1980). Les cartons à tranche bleue, imprimés à partir de l’illustration américaine, n’étaient peut-être que des cartons génériques utilisés en parallèle des nouveaux cartons canadiens à tranche noire, ou des surplus de stock. La plupart des dates sont des estimations éclairées, fondées sur les exemplaires documentés ; si vous avez des renseignements permettant de préciser ou de corriger cette chronologie, vous pouvez nous les transmettre par la page CONTACT.
Dans l’ensemble, il semble exister dix grandes séries de cassettes, chacune ayant ses nombreuses sous-variantes :
1. Carton Bleu
Les premières cassettes avaient une tranche bleue et des étiquettes de papier sur une cartouche de plastique blanc. Les cassettes à tranche bleue se retrouvent dans certains cas jusque vers 1982, avec des étiquettes de papier blanches ou jaunes (utilisées en parallèle pendant les années 1970, jusque vers 1980), puis des cartouches imprimées par la suite (voir Les cartouches des cassettes plus bas). Cette première série chevauche la série à tranche noire, sans que l’on sache ce qui déterminait si un titre était publié en version tranche bleue ou tranche noire. Certains titres ont adopté la tranche noire à un moment donné, tandis que d’autres sont restés sur la tranche bleue jusqu’en 1982.
Les premières cassettes antérieures au milieu de 1969 étaient importées des États-Unis et semblent se trouver sans les trois barres blanches (à confirmer). Après cette période, les cassettes fabriquées au Canada ont été introduites avec trois barres blanches sur la tranche. Bien que ces premières cassettes portent encore l’inscription « MADE IN USA » moulée dans la coque, elles ont très probablement été fabriquées au Canada à partir de matrices américaines.
2. Noir / Bleu Pâle Trois Barres
Les cassettes à tranche noire avec trois barres (2A) apparaissent très tôt (dès 1970 avec la sortie de Hey Jude) et chevauchent les sorties à tranche bleue. On ignore ce qui déterminait l’utilisation d’une tranche bleue ou noire. Elles comportaient également des étiquettes de papier (blanches ou jaunes, utilisées en parallèle pendant les années 1970) sur une cartouche de plastique blanc. Le graphisme est ensuite passé au format « AB Squares » (voir 3), mais certains albums sont restés dans cette variante jusqu’en 1982.
Les cassettes à tranche bleu pâle avec barres noires (2B) semblent avoir été utilisées vers 1975-1978, période où le format « AB Square » a été introduit. Elles étaient destinées aux cassettes vendues à un prix intermédiaire plus bas. Leur design est similaire à celui des cassettes à tranche noire et elles ont été disponibles simultanément à partir d’environ 1975.
3. Noir / Bleu Pâle "carré AB"
Les cassettes à tranche noire avec le graphisme AB Square (3A) sont apparues après janvier 1974, quand la compagnie est devenue Capitol Records-EMI of Canada (leurs cartons portent l’adresse de Mississauga), et on les trouve d’abord avec des étiquettes de papier jaunes. Ces tranches noires ont été largement utilisées jusque vers 1982, moment où le format SDR est devenu la norme. Les cartons bleu pâle avec AB Squares et numéros 4N (3B) coïncident avec les rééditions du label Green Budget, vers 1980-1982 ; elles étaient destinées aux cassettes vendues à un prix intermédiaire plus bas et ont été publiées à peu près en même temps que les AB Square noires.
Ces cartons portent la nouvelle adresse de Mississauga, mais les étiquettes de papier qu’ils accompagnent gardent l’ancien nom Capitol Records (Canada) et l’adresse de Malton, comme toutes les étiquettes de papier des cassettes Beatles et Apple jusque vers 1980 (voir K7.2108.3A.1). À ce moment, toutes les cassettes étaient fabriquées à l’usine de cassettes de Capitol (le contrat d’Ampex ayant pris fin en 1971) ; les cartouches imprimées ont remplacé les étiquettes de papier vers 1980.
4. Cassettes SDR
Les cassettes au carton noir et jaune SDR (4A), un format unique au Canada, ont été utilisées de 1982 au début de 1983, quand le nom SDR a cédé la place au nom XDR employé par Capitol et EMI. Le SDR n’était pas une édition de luxe : il a remplacé les éditions ordinaires comme nouvelle norme de duplication de l’usine. Ces cassettes se trouvent avec des cartouches blanches ou noires à texte imprimé. Les cassettes SDR au carton bleu pâle (4B) sont apparues en même temps et étaient destinées à un segment de marché à rabais, principalement les albums solo du groupe ainsi que des compilations, tandis que les SDR noires étaient plutôt centrées sur le cœur du catalogue des Beatles. Ces cassettes ont été fabriquées à l’usine Capitol de Mississauga.
5. Noir et Jaune / Bleu Pâle
Les cassettes à carton noir et jaune (5A) sont apparues brièvement après les cassettes SDR, après le remplacement du nom SDR par XDR au début de 1983, et semblent constituer un design de transition avant l’apparition des cassettes avec carton couleur autour de 1985. La plupart arborent le texte légal de l’époque « Capitol-EMI », tandis que certains exemplaires (plus tardifs ?) présentent une mention « MPL / Under License ». Les cartons bleu pâle sans barres et avec numéros 4N (5B) correspondent aux rééditions à étiquette verte économique (Green Budget) du milieu des années 1980 ; elles furent éditées simultanément aux cassettes avec carton jaune et noir, entre 1983 et 1985. Ces cassettes ont été fabriquées à l’usine Capitol de Mississauga.
6. Carton Couleurs Série 4XT
Le graphisme à carton couleur introduit vers 1985 était unique au Canada et constitue la série produite pendant la période la plus longue, soit entre 1985 et 2000. C’est également la série qui a connu le plus de variantes (numéros 4X, numéros C4, XDR, logo Apple, et formats UK dorés). Les premières cassettes arboraient une police “informatique des années 80”, remplacée à la fin des années 1980 par une police plus traditionnelle de type Times New Roman. À noter également que des boîtiers blancs furent utilisés de manière sporadique vers la fin des années 1980. Ces cassettes ont été fabriquées à l’usine Capitol de Mississauga.
7. Carton Couleurs Série C4
La numérotation C4 est apparue vers 1991, tandis que les codes-barres furent introduits peu après. Les cassettes mentionnant « EMI Music Canada » datent d’après 1993, très probablement entre 1995 et 2000. Il existe de nombreuses sous-variantes, notamment avec ou sans code-barres (7A, 7B), avec la mention XDR (7C), ou encore avec le logo Apple (7D, 7E). Des cartouches blanches furent également utilisées sporadiquement autour de 1994-1995, avant l’introduction des cartouches transparentes en 1995. Ces cassettes ont été fabriquées à l’usine Capitol de Mississauga jusqu’à la fin de 1994, quand l’usine s’est tournée vers les disques compacts et que les cassettes ont été confiées à Cinram.
8. Carton Or Série C4
Ces cassettes furent utilisées entre 1988 et 1995, principalement pour les albums au format britannique (comme la série de vinyles CLJ). Il existe également un cas connu de l’album RAM de McCartney édité sur carton doré, mais cela semble être une occurrence rare en dehors de la série des albums britanniques des Beatles. Ces cassettes ont été fabriquées à l’usine Capitol de Mississauga. Cette variante apparaît sans le logo XDR (8A), avec le logo XDR (8B), ou avec le logo XDR accompagné d’un logo Apple sur le carton (8C).
9. XDR Cartouche Transparente, Série 4T 0 7777
Ce sont les dernières cassettes canadiennes à avoir été produites, et seuls quelques titres ont été documentés. Elles ont été fabriquées entre 1995 et 2000. On les retrouve soit avec des cartons couleur standard (9B) comportant le logo EMI MUSIC CANADA, soit avec des cartons dorés pour les albums en format britannique (9A). Ces cassettes ont été fabriquées par Cinram, à Scarborough (Ontario), à qui EMI a confié sa production de cassettes à la fin de 1994.
10. Apple 2.0
Lorsque Apple « renaît » au début des années 90 et commence à produire du nouveau matériel, le graphisme à carton couleur est abandonné pour ces nouvelles sorties (tandis que les cartons couleur sont conservés pour les rééditions d’albums précédents); EMI adopte à partir de ce moment une présentation graphique personnalisée. Ces cassettes ont été disponibles au Canada entre 1993 (débutant avec la réédition remasterisée des albums Rouge et Bleu) et 2001 (avec l’album 1 comme dernière sortie au format cassette), moment où EMI a cessé de produire des cassettes localement pour se tourner vers l’importation, puisque les ventes de cassettes étaient alors devenues marginales. Ces cassettes ont été fabriquées à l’usine Capitol de Mississauga jusqu’à la fin de 1994, puis par Cinram.
La datation de ces éditions demeure difficile; plusieurs dates sont donc approximatives. Si vous avez des renseignements permettant de préciser ou de corriger cette chronologie, vous pouvez nous les transmettre par la page CONTACT.
Pour un compte-rendu détaillé des premières cassettes au Canada, veuillez également consulter le livre de Piers Hemmingsen: The Beatles' Canadian Discography part 1.





















La cartouche en dit autant que le carton, et souvent plus. Une cassette canadienne des Beatles est passée entre les mains de quatre fabricants : les États-Unis (exemplaires importés, jusqu’à la mi-1969), Ampex of Canada (de la mi-1969 à la mi-1971), Capitol elle-même, à sa propre usine de cassettes de Malton puis de Mississauga (de la mi-1971 à la fin de 1994), et enfin Cinram (de 1995 à 2001). La couleur du plastique est un premier indice, mais pas une preuve : les cartouches Ampex sont blanc cassé (un gris ivoire), celles de Capitol sont blanc cassé ou d’un blanc éclatant, caramel (pâle ou foncé) ou, plus tard, noires, et celles de Cinram, transparentes. Les étiquettes sont l’indice le plus sûr pour les premières années : celles d’Ampex ne portent aucun texte légal de Capitol, alors que celles de Capitol portent son texte de garantie, adressé à Malton (et, sur certaines étiquettes blanches à partir de 1974, son nouveau texte légal avec l’adresse de Mississauga). Les étiquettes de papier blanches et jaunes ont ensuite été utilisées en parallèle jusque vers 1980, avant que le texte ne soit imprimé directement sur la cartouche, vers 1980.
Quelques remarques. Un même modèle de carton peut loger deux ou trois cartouches différentes, et une même cartouche se trouve sous plusieurs modèles de carton ; il faut donc toujours lire la cartouche et le carton ensemble. Par ailleurs, les cartouches peuvent présenter différentes textures de surface ; celles-ci semblent avoir été utilisées au hasard et de façon interchangeable, si bien qu’il n’existe pas de chronologie claire pour les différentes textures.
1. Importées (USA), étiquettes blanches
Avant la mi-1969, les cassettes des Beatles vendues au Canada étaient importées des États-Unis. Il s’agit de cartouches blanches portant la mention « MADE IN U.S.A. » moulée sur le dessus, avec des étiquettes de papier blanches où figure le logo ovale de Capitol (en dôme), le mot CASSETTE en dessous.
2A. Ampex, cartouche blanc cassé, étiquettes blanches (logo target)
À partir de la mi-1969, les cassettes fabriquées au Canada portent des étiquettes de papier blanches avec le logo target de Capitol à gauche, les numéros de programme et de catalogue à droite, et le nom des artistes sous la fenêtre (voir The Early Beatles, 4XT-2309). Les premières étaient fabriquées par Ampex, à qui Capitol du Canada confiait sa production de cassettes jusqu’à la mi-1971, et se trouvent sur des cartouches blanc cassé. Les étiquettes Ampex sont faciles à reconnaître : elles ne portent aucun texte légal de Capitol. Certaines cartouches du début de 1969 portent encore la mention « MADE IN USA » moulée dans le plastique (voir Carton bleu plus haut), puisqu’elles ont fort probablement été fabriquées ici à partir de moules américains.
2B. Ampex, cartouche blanc cassé, étiquettes blanches (logo Apple)
Les titres Apple avaient leurs propres étiquettes de papier blanches, avec le logo Apple à gauche (voir Abbey Road, 4XT 383, et Let It Be, 4X0 6351). Comme les étiquettes au logo target, elles ne portent aucun texte légal de Capitol et se trouvent sur les mêmes cartouches Ampex blanc cassé. Les étiquettes au logo Apple n’ont pas « succédé » aux étiquettes au logo Capitol : elles étaient simplement utilisées en parallèle pour désigner les parutions Apple.
3. Capitol, cartouche blanche, étiquettes blanches, texte de Malton
À partir de la mi-1971, les mêmes étiquettes blanches (logo target ou logo Apple) se retrouvent sur les cassettes fabriquées à la nouvelle usine de cassettes de Capitol, à Malton, cette fois avec le texte de garantie de Capitol adressé à Malton (voir Hey Jude, 4XT-385), sur les cartouches d’un blanc éclatant de Capitol. Certains exemplaires Capitol de 1971 et de 1975 ont été vérifiés sur des moules américains, et un titre paru en 1977 sur un moule canadien, ce qui laisse croire que Capitol a gardé des moules américains pendant quelques années avant de passer à des moules canadiens (tous les exemplaires n’ont pas encore été vérifiés). Les étiquettes de papier blanches au texte de Malton sont restées en usage jusque vers 1980, en parallèle des étiquettes jaunes et sans logique apparente quant au choix de l’une ou de l’autre. Certains titres Apple parus à partir de 1973 sont plutôt documentés avec des étiquettes au logo target ou au logo en dôme de Capitol (les albums 1962-1966 et 1967-1970, par exemple), et l’un d’eux est même documenté avec des étiquettes de papier sur une cartouche noire, vers 1974.
4. Capitol, cartouche blanc cassé, étiquettes blanches, texte de Mississauga
À partir de 1974, une fois la compagnie devenue Capitol Records-EMI of Canada, certaines étiquettes blanches portent le nouveau texte légal avec l’adresse de Mississauga (« Manufactured and Distributed by / Fabriqué et Distribué par: Capitol Records-EMI Of Canada Ltd., 3109 American Dr., Mississauga, Ontario ») et le logo ovale de Capitol, sur des cartouches blanc cassé (voir The Beatles 1967-1970, 4X2K-3404). Elles ont été utilisées de 1974 environ jusqu’à l’arrivée des cartouches imprimées, vers 1980, en parallèle des étiquettes au texte de Malton (3 et 5), restées en usage pendant les mêmes années.
5. Étiquettes jaunes, texte de Malton
Les étiquettes de papier jaunes sont apparues au début des années 1970, sur les cartouches blanc cassé, blanches et parfois caramel de Capitol (voir K7.2108.3A.1). Elles ont été utilisées en parallèle des étiquettes blanches jusqu’à l’arrivée des cartouches imprimées, vers 1980. Sur les cassettes Beatles et Apple, elles portent l’ancien nom Capitol Records (Canada) et l’adresse du Quality Control Centre de Malton (voir K7.2228.1.1) jusque vers 1980, même si la compagnie est officiellement devenue Capitol Records-EMI of Canada en janvier 1974 ; l’adresse de l’étiquette ne suffit donc pas à dater un exemplaire. Certains cartons portent déjà la nouvelle adresse de Mississauga alors que les étiquettes gardent celle de Malton (voir K7.2108.3A.1). Quelques cassettes Apple plus tardives portent une étiquette jaune au nouveau nom Capitol-EMI (toujours sans l’adresse de Mississauga), mais il s’agit d’une exception plutôt que d’une tendance.
6. Cartouche blanche, imprimée
Vers 1980, les étiquettes de papier ont cédé la place à un texte imprimé directement sur la cartouche, accompagné d’une mention bilingue du fabricant et de l’adresse de Mississauga. Les cartouches imprimées se trouvent en blanc (6), en caramel et en caramel foncé (7) avec une impression noire, et en noir avec une impression argentée (8), et ces types semblent avoir été utilisés indifféremment. Pour les titres documentés sur les deux, l’exemplaire blanc tend à être le plus ancien, la cartouche noire apparaissant environ un an plus tard (voir K7.2228.3A.2 et K7.2228.3A.3). Les cartouches blanches imprimées n’ont pas disparu pour autant. On les retrouve de façon sporadique (et, semble-t-il, au hasard) aux côtés des cartouches noires, sur les cassettes SDR de 1982 et du début de 1983, sur la série noire et jaune de 1983-1985 et sur les cartons couleurs jusqu’au milieu des années 1990. La plupart utilisent la même police simple, régulière que les cartouches noires (6A).
La présentation à police robot se trouve aussi sur des cartouches blanches (6B ; voir K7.6051.4A.2, K7.6063.4A.2 et K7.6054.6.2), qui apparaissent de façon aussi aléatoire que les autres cartouches blanches décrites plus haut.
7. Cartouche caramel, imprimée
Le caramel est un plastique Capitol plus foncé, qu’il ne faut pas confondre avec les cartouches blanc cassé, plus pâles. On le trouve avec une impression noire en deux teintes, un caramel pâle (7A) et un caramel foncé (7B), utilisées aussi indifféremment que les cartouches imprimées blanches et noires (Rarities, paru en 1980, en est un exemple).
8. Cartouche noire, imprimée
Les cartouches noires à impression argentée sont apparues vers 1981 et sont vite devenues la cartouche canadienne standard ; on les trouve sur les dernières cassettes à tranche bleue et à tranche noire, sur la série SDR et sur la plupart des cassettes à carton couleurs jusqu’en 1994. Les premières utilisent une police simple, régulière (8A), avec le logo ovale de Capitol à gauche, PROGRAM 1 ou PROGRAM 2 au-dessus du numéro de catalogue à droite et la mention bilingue du fabricant (avec l’adresse de Mississauga) sous la fenêtre (voir K7.2228.1.2). Cette présentation est restée en usage sur certains titres jusque dans les années 1990, et elle est revenue sur la plupart d’entre eux une fois la police robot abandonnée, vers 1990. Les dernières cassettes 4XT à carton couleurs, faites entre ce moment et le passage aux numéros C4 en 1991, la portent déjà (voir K7.2228.6.1), et K7.2228.7B.1 la porte encore en 1992, avec son nouveau numéro C4.
À partir des cassettes SDR de 1982, plusieurs cartouches noires adoptent une autre présentation (8B), composée dans la police « robot futuriste » si caractéristique (aussi appelée police « techno »), avec le logo Dolby à gauche, le logo Capitol en lettres attachées en bas à droite et une mention unilingue anglaise « MADE IN CANADA BY CAPITOL RECORDS-EMI OF CANADA LTD » (voir K7.6051.4A.1 et K7.6051.6.1). On la trouve pendant toutes les années du carton couleurs 4XT, jusque vers 1990, alors que d’autres titres gardaient la police régulière au même moment (les deux présentations semblent avoir été utilisées simultanément).
Vers 1994, avec le retour du logo Apple sur les cartons (7D/7E), les cartouches noires ont changé de nouveau. La police robot a cédé la place à une police classique à empattements (8C), avec le logo Apple imprimé à gauche, un grand numéro de programme et le logo XDR à droite, et la mention « Made in Canada. Distributed by Capitol Records - EMI of Canada » (voir K7.6054.6.3). Il s’agit de la dernière présentation des cartouches noires, et de l’une des dernières cassettes fabriquées à l’usine même de Capitol : à la fin de 1994, l’usine de Mississauga s’est tournée vers les disques compacts et les cassettes ont été confiées à Cinram, où la même présentation à empattements est passée aux premières cartouches transparentes en 1995.
9. Cartouche transparente (Cinram)
Les cartouches transparentes ont été introduites en 1995 et ont porté les dernières cassettes canadiennes, jusqu’à ce qu’EMI cesse d’en produire ici en 2001. Elles ont été fabriquées par Cinram, à Scarborough (Ontario), à qui EMI a confié sa production de cassettes à la fin de 1994, quand l’usine de Mississauga a été réaménagée pour les disques compacts. On les trouve avec les cartons couleurs EMI Music Canada (9B), les cartons or au format UK (9A) et les parutions Apple 2.0 (10). Les cartouches noires ont encore été utilisées pendant une courte période en 1995.
Encore une fois, ces dates sont des estimations éclairées, fondées sur les exemplaires documentés, et différentes cartouches étaient souvent utilisées simultanément (et, semble-t-il, de façon interchangeable). Toute information permettant de préciser cette chronologie serait bienvenue.














Les cartouches noires de Capitol ne sortaient pas toutes du même moule. Le modèle, la forme et la texture de surface ont changé au fil des années, et plusieurs étaient utilisés en même temps ; aucun ne permet donc, à lui seul, de dater une cassette. La photo ci-dessous montre huit cartouches Capitol (en haut, de gauche à droite : Beatles'65, Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, Twist and Shout, Rock 'n' Roll Music ; en bas : deux Sgt. Pepper's, puis deux Long Tall Sally).
On y voit une cartouche nervurée (des nervures horizontales sur toute la cartouche, voir K7.2228.6.1), une cartouche pointillée (un grain fin, voir K7.2228.7B.1), un motif de lignes verticales, un motif de lignes horizontales, une cartouche lisse et lustrée, une cartouche lisse avec des bossages ronds aux deux coins inférieurs, et une cartouche lisse assemblée par cinq vis.
On trouve les mêmes variations (de modèle, de forme et de texture) sur les cartouches blanches et caramel.
Chaque entrée de cette archive est numérotée afin que vous puissiez facilement vous y référer lors de l’organisation de votre collection. Un numéro de variante typique est présenté dans un format Alpha Décimal qui identifie séquentiellement :
À titre d’exemple, le pressage Columbia du White Album sur la deuxième génération d’étiquettes orange serait numéroté LP.APP101.7.1 : en d’autres mots, ce numéro représente la version vinyle (LP) de l’album Apple numéro 101 (le numéro de catalogue du White Album), avec le 7ᵉ type d’étiquette (la 2ᵉ génération orange), et c’est la première variante de cette catégorie.
Ou encore, l’édition Gold Box Series en bobine (Reel to Reel) de Sgt. Pepper’s serait numérotée RE.2653.2.1 : soit la version bobine du titre (RE) avec le numéro de catalogue 2653 (Sgt. Pepper), provenant de la deuxième série de bobines (Gold Box), et il s’agit de la première variante de cette catégorie.
Enfin, la dernière édition cassette à boîtier transparent d’Abbey Road serait numérotée K7.APP383.9.2 :soit, la version cassette (K7) de l’album Apple numéro 383 (Abbey Road), de la neuvième série de cassettes (carton couleur XDR, boîtier transparent), et c’est la deuxième variante de cette catégorie.
…et ainsi de suite.
Ce système permet donc à quiconque ayant appris la logique de numérotation d’identifier avec précision n’importe quelle variante simplement grâce à son numéro unique. Ce système ne reproduit pas d’autres systèmes de numérotation (par exemple Spizer ou Valiquette), mais a été conçu sur mesure pour correspondre à la logique structurelle de cette archive.