
Les pochettes de disques ont une chronologie qui leur est propre, largement indépendante des disques qu'elles protègent. Les designs d'étiquettes et les types de pochettes ne changeaient pas toujours en même temps : un même album peut se trouver dans plus d'une construction, et une même construction peut abriter plus d'une génération d'étiquettes. Cette page présente les types de construction utilisés sur les albums canadiens des Beatles et comment les reconnaître.
Une pochette de l'ère des feuillets était fabriquée à partir de pièces produites par différentes compagnies : l'imprimeur fournissait les feuillets avant et arrière (les « slicks »), tandis que Modern Album fournissait le carton et assemblait la pochette finie. Comme ces pièces n'étaient jamais produites en quantités parfaitement égales, Capitol réutilisait les surplus plutôt que de les jeter, de sorte que les pochettes hybrides et transitoires font partie intégrante du catalogue canadien. La fabrication des pochettes et le pressage des disques étant deux industries indépendantes, les changements de design d'étiquettes étaient rarement synchronisés avec les changements de construction, et les chevauchements sont fréquents. Les cas particuliers sont couverts dans les fiches de variations de chaque album.
La construction des pochettes reflétait les technologies disponibles au moment de la parution. En tout, quatre grands types de pochettes se retrouvent sur les albums canadiens des Beatles entre 1963 et 1988 :
Ce type était la construction la plus courante (et la plus ancienne) privilégiée par Capitol dans les années 1960, et la moins coûteuse à produire : un grand feuillet arrière noir et blanc enveloppe l'avant du carton, sur lequel un feuillet avant couleur plus petit est collé. Les premiers tirages de chaque album ont habituellement un feuillet arrière au fini mat (possiblement utilisé comme épreuve avant l'approbation finale), tandis que la majorité de la production ultérieure porte un dos au fini lustré. La construction à feuillet avant laisse un cadre blanc autour du feuillet de la pochette avant. La construction à feuillet arrière (voir l'entrée suivante) était aussi utilisée dans les années 60, mais celle-ci, plus coûteuse et d'allure plus professionnelle, était réservée à des parutions ciblées, les pochettes régulières à feuillet avant étant préférées pour le catalogue courant.

L'arrangement inverse, utilisé plus sporadiquement par Capitol : un grand feuillet avant couleur enveloppe l'arrière sur les quatre bords du carton, sur lequel un feuillet arrière noir et blanc plus petit est collé, ne laissant aucune bordure blanche sur la pochette avant.

Introduite au milieu des années 1970 : un seul grand feuillet couvre l'avant et l'arrière, plié sur la tranche comme une couverture de livre. Le côté avant est un peu plus grand, se repliant pour couvrir les rabats. Le produit final ressemble beaucoup à une pochette à feuillet arrière, à l'exception de la tranche, qui ne montre aucune démarcation de feuillet.

Le dernier type de construction, encore utilisé aujourd'hui : l'image est imprimée directement sur le carton, sans aucun feuillet collé. Cette famille comprend le Shorepak breveté de Shorewood et le Super-jac de Modern Album (une pochette de carton enveloppée de papier), tous deux décrits sur la page des imprimeurs canadiens. Les pochettes posterboard ont pris le dessus à la fin des années 1970 et sont demeurées le standard jusqu'à la fin de l'ère du vinyle canadien des Beatles.

Les rabats intérieurs sont une partie spécifique du gabarit de carton. Un carton de pochette est fait d'une seule pièce pliée comme une couverture de livre, dont les bords supérieur et inférieur se replient en un rabat collé à l'intérieur de la pochette. Ce bord replié et collé est ce qu'on appelle le rabat intérieur (inner seam). Selon la construction, les rabats intérieurs diffèrent en largeur (d'environ 4 mm à 12 mm) et en forme : les années 60 et 70 ont vu des rabats arrondis, droits, angulaires et à coins arrondis.
La largeur et la forme du rabat comptent parmi les meilleurs indices pour dater une pochette, et elles sont notées dans les fiches de variations de ces archives.
La forme et la taille du rabat intérieur sont de bons identifiants (avec le logo de l'imprimeur) pour situer une pochette sur une ligne du temps précise et dater un album avec justesse. C'est aussi un indice utile pour éviter les mariages malheureux qui surviennent lorsque des collectionneurs réassemblent, sans le savoir, de plus beaux disques avec de plus belles pochettes qui semblent identiques à l'œil du néophyte, mais qui peuvent être historiquement incorrects.